Appel à propositions

Numéro 117 (septembre 2017)

Informations générales :

Les textes proposés en format Word ou RTF doivent être envoyés à info [@] espaceartactuel [.] com. À moins d’avis contraire, l’auteur nous proposera un texte inédit et original. L’auteur est prié d’inclure une courte notice biographique (70-80 mots pour les comptes rendus ; 80-100 mots pour les autres sections), ainsi que son adresse postale et son courriel.

Tous les textes sont soumis au comité de rédaction qui se réserve le droit d’accepter ou de refuser un texte. De plus, le comité ne pourra accepter des textes étant sources possibles de conflit d’intérêts entre l’auteur et le sujet couvert.

Les textes reçus seront évalués sur leur pertinence vis-à-vis le mandat de la revue, sur la clarté du propos, la qualité de l’analyse et l’originalité du point de vue.

Sous la supervision du rédacteur en chef, le comité de rédaction est formé de Mélanie Boucher, Peter Dubé, Bénédicte Ramade et Bernard Schütze.

Cachet sera de 65 $ par feuillet de 250 mots.

1. Section : « COMPTE RENDU » d’exposition

Un compte rendu d’exposition aura environ 1000 mots, notes incluses. Il portera sur une exposition solo ou collective ayant eu lieu récemment au Québec, au Canada ou à l’international.
Date de tombée pour les comptes rendus d’exposition est le 1 mai 2017.

2. Sections « ENTRETIEN » ou « ÉVÉNEMENT »

Si vous souhaitez produire un texte pouvant convenir à l’un ou l’autre de ces sections – 1500 à 2000 mots, notes incluses –, nous vous invitons à communiquer par courriel avec la direction de la revue.
Date de tombée pour les sections Entretien ou Évènement est le 1 mai 2017.

3. Dossier du numéro 117 : « Frissons »

Parution : septembre 2017

Si vous souhaitez contribuer à ce dossier, nous vous invitons, dans un premier temps, à contacter la direction de la revue par courriel alpare [@] espaceartactuel [.] com afin de présenter sommairement votre proposition. Très rapidement, nous vous informerons si votre proposition est retenue. Votre texte version complète ne devrait pas dépasser les 2000 mots, notes incluses. Il sera traduit en français ou en anglais. En plus du cachet de 65 $ par feuillet (250 mots), nous vous offrons un abonnement d’un an à la revue.
Date de tombée pour le texte, version finale, est le 1 mai 2017.

Dossier : « Frissons »

Frisson. D’emblée le terme suggère un espace sensoriel, renvoyant tantôt au plaisir, tantôt au déplaisir, mais toujours selon cette résonance précise qui désamorce la dualité entre corps et esprit. Le dictionnaire Le Littré, datant de la fin du 19e siècle, rappelle déjà cette articulation complexe : le mot est associé à une « Contraction subite et passagère de la peau et des fibres superficielles des plans musculaires, accompagnée d’un sentiment plus ou moins marqué de froid. », puis à un « Vif saisissement de terreur, d’horreur. ». Cette dernière acception est suivie d’une précision non moins importante, puisque « Il se dit aussi des émotions agréables. ». Entre les contractions corporelles, le sentiment d’horreur et l’agréable, le frisson mobilise le système nerveux autant que l’espace mental, agissant comme un moment de saisissement interne et circonscrite, parfois en subtilité et d’autres fois de manière envahissante, voire synesthésique, au sens étymologique où le terme renvoie à l’union des sens.

Le frisson a traversé l’histoire de l’art sous des déclinaisons variées. On peut notamment songer au frisson esthétique dans un sens mystique, qui contribue à la dévotion ou à une certaine sensibilité spirituelle. En passant d’une représentation comme L’extase de la bienheureuse Ludovica Albertoni, célèbre sculpture du Bernin datant du 17e siècle, à la figure de l’artiste inspiré du romantisme allemand, dont le corps et l’esprit emportés par un éclair de création parviennent à cristalliser une vérité qui dépasse l’ordre du commun, le frisson est un topos plus fréquemment exposé qu’on ne pourrait le croire. La définition plus sombre du frisson ne pose ici pas d’exception. Que l’on songe à l’effet à la fois physique et psychologique que puisse encore générer le Saturne dévorant un de ses fils (1819-1823) de Francisco de Goya, ou au somptueux glauque de certaines toiles de Anselm Kiefer, qui a plus d’une fois abordé les thèmes de la perte et de la mort, à travers une volonté de mémoire de la Deuxième Guerre mondiale, cette vibration de la chair et de l’âme demeure pertinente en regard de la production et, surtout, de la réception de l’art. L’art actuel est certes le point de mire de ce dossier, mais force est de constater que des champs connexes comme le cinéma et la musique ont réfléchi cette thématique avec beaucoup de sérieux, et de manière à pouvoir enrichir nos perspectives dans la sphère des arts visuels. Même signal du côté des neurosciences, où les recherches se multiplient afin de sonder les contours de cette forme singulière de sensibilité dont la valeur cathartique se révèle sous de nouveaux jours.

Pour aborder ce thème complexe, nous désirons faire appel à des contributions qui engagent les œuvres, et plus largement des approches théoriques et artistiques, en demeurant ouvertes à des approches interdisciplinaires. Parmi les questions que nous désirons investiguer, celle du caractère holistique de l’expérience esthétique semble s’imposer, mais ouvre sur des axes complémentaires non moins importants. Quelles sont les implications de la matérialité de l’œuvre (sculpturale, sonore, performative) dans des considérations relatives au frisson ? Est-ce que le caractère immersif des installations accentue la probabilité d’une réception à la fois sensorielle et intellectuelle ? Le médium de la vidéo permet-il de rejoindre le fort potentiel du cinéma à emporter le spectateur dans un espace imaginaire, saisissant au passage le corps à travers des variations émotives inattendues ? Bref, qu’il s’agisse d’œuvres abordant le frisson et ses déclinaisons conceptuelles comme thématiques, ou de réflexions théoriques sur la réception esthétique au croisement de ces enjeux à la fois sensoriels, affectifs et intellectuels, ce dossier vise à réinvestir cette notion à la lumière des pratiques actuelles. Autrement dit, à une période où les enjeux sociopolitiques engagent des réactions vives et aiguisées, l’art actuel offre un bassin particulièrement fertile pour analyser le thème du frisson et ce qui en découle tant du point de vue de l’objet que du sujet.