Appel à propositions

Numéro 119 (printemps-été 2018)

Informations générales :

Les textes proposés en format Word ou RTF doivent être envoyés à info [@] espaceartactuel [.] com. À moins d’avis contraire, l’auteur nous proposera un texte inédit et original. L’auteur est prié d’inclure une courte notice biographique (70-80 mots pour les comptes rendus ; 80-100 mots pour les autres sections), ainsi que son adresse postale et son courriel.

Tous les textes sont soumis au comité de rédaction qui se réserve le droit d’accepter ou de refuser un texte. De plus, le comité ne pourra accepter des textes étant sources possibles de conflit d’intérêts entre l’auteur et le sujet couvert.

Les textes reçus seront évalués sur leur pertinence vis-à-vis le mandat de la revue, sur la clarté du propos, la qualité de l’analyse et l’originalité du point de vue.

Sous la supervision du rédacteur en chef, le comité de rédaction est formé de Mélanie Boucher, Peter Dubé, Bénédicte Ramade et Bernard Schütze.

Cachet sera de 65 $ par feuillet de 250 mots.

1. Section : « COMPTE RENDU » d’exposition

Un compte rendu d’exposition aura environ 1000 mots, notes incluses. Il portera sur une exposition solo ou collective ayant eu lieu récemment au Québec, au Canada ou à l’international.
Date de tombée pour les comptes rendus d’exposition est le 15 janvier 2018.

2. Sections « ENTRETIEN » ou « ÉVÉNEMENT »

Si vous souhaitez produire un texte pouvant convenir à l’un ou l’autre de ces sections – 1500 à 2000 mots, notes incluses –, nous vous invitons à communiquer par courriel avec la direction de la revue.
Date de tombée pour les sections Entretien ou Événement est le 15 janvier 2018.

3. Section : « DOSSIER »

Si vous souhaitez contribuer à ce dossier, nous vous invitons, dans un premier temps, à contacter la direction de la revue par courriel alpare [@] espaceartactuel [.] com afin de présenter sommairement votre proposition. Très rapidement, nous vous informerons si votre proposition est retenue. Votre texte version complète ne devrait pas dépasser les 2000 mots, notes incluses. En plus du cachet de 65 $ par feuillet (250 mots), nous vous offrons un abonnement d’un an à la revue.
Date de tombée pour le texte, version finale, est le 15 janvier 2018.

Dossier : « Art spatial »
Numéro 119 (printemps-été 2018)

Il y a un peu plus de quatre cent ans, la Terre, considérée comme stable au centre du monde, a subi – définitivement avec Galilée – un « déclassement cosmique ». Désormais reconnue comme un « astre errant », la Terre devenait une planète parmi d’autres au sein d’un vaste ensemble où l’image du ciel a perdu sa dignité d’antan. S’en est alors suivi une nouvelle « situation de l’homme dans le monde » où les humains, en tant que créatures terrestres, sont aussi amenés à agir comme habitants de l’univers. Grâce aux avancées technoscientifiques, cette extraordinaire aventure se concrétisera à la fin des années 1950 avec la conquête spatiale et le désir fou de mettre un jour les pieds sur la Lune. Lancé dans le cadre de l’année géophysique internationale, mais aussi en pleine « guerre froide », Spoutnik 1, le premier satellite fabriqué par le génie humain, a été mis en orbite par les soviétiques le 4 octobre 1957. En 1961, un premier vol habité par un humain devait avoir lieu avec, à son bord, le Soviétique Youri Gagarine. Mais ce sont les Américains qui ont eu droit aux premiers pas sur la Lune, le 20 juillet 1969, avec Neil Armstrong. C’était comme si l’humanité accédait à une nouvelle dimension dont seul l’avenir pourra nous dire ce qu’elle peut offrir de mieux à notre espèce. Dans son prologue à Condition de l’homme moderne, paru en 1958, la philosophe Hannah Arendt souligne l’importance de cette conquête dans l’histoire de l’humanité, mais elle s’inquiète aussi de ce que cet exploit apporte à l’esprit humain. Elle déplore ce désir, inconscient ou non, d’échapper à la condition humaine. En effet, que veut dire le fait de n’être plus rivé à la Terre ?

Bien avant la possibilité de nous imaginer en dehors de notre propre maison, de nous placer en situation d’extraterrestre devant l’image de la planète bleue, l’idée d’envoyer un objet ou un être humain dans l’espace a été conçue par des auteurs de science-fiction. C’est que le monde de l’art s’est toujours émerveillé devant le Cosmos. Toutefois, depuis la fin des années 1960, certains artistes désirent participer activement à cette aventure humaine hors du commun. Avec Apollo 12, une légende laisse entendre qu’un premier « musée » a été installé sur le sol lunaire à l’initiative de l’artiste Forrest Myers. Moon Museum consistait en une petite plaque de céramique sur laquelle étaient reproduites des œuvres d’artistes américains. En 1971, une œuvre, intitulée Fallen Astronauts de Paul Van Hoeydonk. aurait également été déposée sur la lune par la mission Apollo 15. L’œuvre était placée près d’une plaque commémorative rendant hommage à des astronautes disparus. En 1993, pour la station MIR, Arthur Woods a créé Cosmic Dancer, une sculpture de forme géométrique faite pour s’exposer en situation d’apesanteur. D’autres projets artistiques sont eu cours, comme celui du regretté Jean-Marc Philippe et son projet Keo, un satellite contenant des messages de Terriens à leurs descendants.

C’est dans l’horizon de ces projets d’art spatial que ce dossier de la revue ESPACE art actuel souhaite susciter des réflexions. S’il y a eu déjà plusieurs précurseurs dans le domaine de l’art spatial, d’autres projets poursuivent ce désir de sortie hors de notre monde terrestre. On pense à celui de Trevor Paglen avec le projet Orbital Reflector, qui devrait prendre forme au printemps 2018, mais aussi à MoonArch, un autre musée miniature prévu pour 2019 et initié par Lowry Burgess. Ces œuvres créées pour l’espace, sinon mises en état d’apesanteur, ces sculptures orbitales, soulèvent certes plusieurs questions. Une œuvre d’art peut-elle être extraterrestre ? Que signifie une œuvre d’art lorsqu’elle est exposée dans l’espace ? Pour quel spectateur existe-t-elle ?

Par ailleurs, si l’art spatial réfère à l’ensemble des pratiques artistiques contemporaines inspirées par la recherche ou l’activité spatiale, ce dossier mise également sur les pratiques artistiques qui, grâce aux numériques et à l’utilisation des données scientifiques, s’inspirent ou traitent de l’espace pour concevoir des vidéos, des sculptures ou des installations. Dès lors, ce dossier souhaite aussi rendre compte de ces pratiques artistiques fascinées par l’espace. Celles-ci offrent souvent plus de fantaisies et de liberté critique. Elles permettent d’autres questionnements. Quel nouvel imaginaire l’art spatial suppose-t-il ? En quoi l’espace est-il un lieu privilégié pour penser et interroger d’autres conceptions du monde ? À l’ère de la globalisation, que nous dit l’art sur la domination de l’espace ? En quoi l’art peut-il nous donner à penser un nouveau « cosmopolitisme » ?

Pour ce dossier, nous souhaitons des contributions qui seront autant des études de cas que des mises en perspectives plus théoriques sur les enjeux que peuvent soulever l’art spatial.