Appel à propositions

Numéro 124 (hiver 2020)

Informations générales :

Les textes proposés en format Word ou RTF doivent être envoyés par courriel à info [@] espaceartactuel [.] com. À moins d’avis contraire, l’auteur/e nous proposera un texte inédit et original. L’auteur/e est prié d’inclure, en fin de texte, une courte notice biographique (70-80 mots pour les comptes rendus ; 80-100 mots pour les autres sections), ainsi que son adresse postale et son courriel.

Tous les textes sont soumis au comité de rédaction qui se réserve le droit d’accepter ou de refuser un texte. De plus, le comité ne pourra accepter des textes étant sources possibles de conflit d’intérêts entre l’auteur/e et le sujet couvert.

Les textes reçus seront évalués sur leur pertinence vis-à-vis le mandat de la revue, sur la clarté du propos, la qualité de l’analyse et l’originalité du point de vue.

Sous la supervision du rédacteur en chef André-Louis Paré, le comité de rédaction est formé de Mélanie Boucher, Peter Dubé, Bénédicte Ramade, Aseman Sabet, Bernard Schütze et Mathieu Teasdale.

Cachet est de 65 $ par feuillet de 250 mots.

1. Section : « COMPTE RENDU » d’exposition

Un compte rendu d’exposition aura environ 1000 mots, notes incluses. Il portera sur une exposition solo ou collective ayant eu lieu récemment au Québec, au Canada ou à l’international. Date de tombée pour les comptes rendus d’exposition est le 29 septembre 2019.

2. Sections « ENTRETIEN » ou « ÉVÉNEMENT »

Si vous souhaitez produire un texte pouvant convenir à l’un ou l’autre de ces sections — 1500 à 2000 mots, notes incluses—, nous vous invitons à communiquer par courriel avec la direction de la revue. Date de tombée pour les sections Entretien ou Événement est le 29 septembre 2019.

3. Section : « DOSSIER »

Pour la section dossier, nous souhaitons des textes originaux portant sur des études de cas pouvant couvrir au minimum deux à trois pratiques. Si vous souhaitez contribuer à ce dossier, nous vous invitons, dans un premier temps, à contacter la direction de la revue — par courriel (alpare [@] espaceartactuel [.] com) afin de présenter sommairement votre proposition. Très rapidement, nous vous informerons si votre proposition est retenue. Votre texte version complète ne devrait pas dépasser les 2000 mots, notes incluses et il sera soumis au comité de rédaction. Le cachet offert est de 65 $ par feuillet (250 mots). Date de tombée pour le texte, version finale, est le 11 octobre 2019.

Dossier : « IA – Art sans artistes ? »
Numéro 124 (hiver 2020)
Coresponsable : Nathalie Bachand

Lorsqu’il s’agit du monde des affaires ou de la recherche scientifique, que ce soit dans le domaine médicale, militaire ou des transports, l’intelligence artificielle (IA) se trouve souvent à l’avant-plan médiatique et au cœur de diverses polémiques. En effet, comme ensemble de théories et de techniques associées aux développements des algorithmes, l’IA occupe désormais la plupart des sphères de l’activité humaine et génère des débats variés : depuis le début de l’ère industrielle, chaque nouvel apport technologique induit des situations ambivalentes et les recherches dans le domaine de l’IA ne font pas exception. Alors que le milieu industriel s’enthousiasme devant le potentiel de rentabilité et d’efficacité de l’IA, d’autres experts, souvent affiliés à l’éthique, s’inquiètent de son impact, notamment sur le marché de l’emploi ou la confidentialité des données et de la vie privée. Du moment où l’on sait que le pouvoir revient à celui qui possède les données, la question est de savoir à qui cette nouvelle révolution technologique profitera réellement.

Or, on le sait, l’IA n’intéresse pas uniquement le monde des sciences et des affaires ; le monde de l’art a toujours été avide des nouvelles avancées technologiques. Outre le rapport de force financier qui sous-tend l’effervescence autour de l’IA actuellement, une force de fascination opère en parallèle. Car le fantasme de la personnification de l’inerte – machine ou matière – ne date pas d’aujourd’hui. Depuis longtemps la littérature nous invite à y mettre un « visage ». Que l’on pense à la trilogie Le cycle des robots (1950) d’Isaac Asimov ou à l’univers peuplé de machines autonomes de Vermillon Sands (1971) de J.G. Ballard, les formes possibles d’une IA sont le lieu de tous les impensés. Le cinéma quant à lui a efficacement et lucrativement investit le terrain. On pense spontanément à des films tels que Ex Machina (2015), Terminator (1984) ou Westworld (1973) – qui a inspiré la fameuse série de 2016 – où des êtres humanoïdes génèrent un mélange d’émotions allant de la crainte à l’empathie. On pense aussi à des personnages plus diffus, tels que HAL 9000 (2001 L’Odyssée de l’espace, 1968) ou encore Samantha dans le film Her (2013) : des « intelligences » sans corps. De ce point de vue, la sortie de DeepDream de Google en 2015 1 – un programme de vision par ordinateur utilisant un réseau neuronal et donnant un aspect hallucinatoire aux images ainsi créées – a marqué une étape significative dans notre perception fantasmée de l’intelligence artificielle. Nous aimerions croire qu’elle puisse rêver cette intelligence, qu’elle fasse preuve de créativité et d’une imprévisibilité qui lui soit propre. Nous souhaiterions volontiers qu’elle ait de l’initiative, qu’elle soit porteuse d’intentions – or, nous n’en sommes pas tout à fait là. Exiger d’elle qu’elle soit intelligente serait encore la toute première étape de ce rétro-planning du futur. Car autonomie n’égale pas intelligence.

Ne parlerait-on pas plutôt d’algorithmes d’apprentissages et de systèmes génératifs ? De statistiques, voire même de domotique ? Et qu’est-ce qu’un algorithme sinon une méthode de calcul, un microprogramme, une suite d’opérations destinée à résoudre un problème X. Ce qui nous paraîtra être de l’ordre de l’inattendu – et par extension d’une volonté externe – ne serait finalement que l’aboutissement d’une forme d’équation traitant l’information. Ce qu’on appelle « intelligence artificielle » aujourd’hui n’a que peu à voir avec l’intelligence : bien que les algorithmes plongés au cœur du big data puissent donner l’impression de prendre des décisions, ce ne sont au final que des résultats d’analyses.

S’appuyer sur des algorithmes pour faire des choix soulève également des questions éthiques. C’est d’ailleurs tout l’enjeu des véhicules autonomes actuellement 2. En art, la question est désormais posée : qui crée ? L’IA n’est-elle qu’un outil ou l’autorise-t-on à signer l’œuvre ? Une mise à mal de la notion d’auteur se profile-t-elle dans le sillage de ces nouveaux paramètres ? Cependant, l’indétermination règne : à qui profite ce flou actuellement ? Sommes-nous, sans le savoir, au seuil d’un nouveau paradigme de création artistique – peut-être même d’une importance similaire à celle que mettait en perspective Walter Benjamin dans son célèbre essai L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique 3 ? Si la fin des années 1990 a vu s’élever des voix demandant si nous en étions à engendrer des « artistes sans art ? » 4, la fin des années 2010 pose très certainement la question d’un art sans artistes, nous forçant à repenser nos à priori.

Ce dossier de la revue ESPACE souhaite mettre en perspective les enjeux que soulève actuellement la présence de plus en plus prégnante de l’IA dans les sphères sociales, politiques, philosophiques, et bien sûr culturelles et artistiques. Si vous souhaitez nous proposer un article, nous vous invitons, dans un premier temps, à contacter la direction de la revue avant le 9 septembre 2019 à l’adresse alpare [@] espaceartactuel [.] com afin de présenter sommairement votre proposition, incluant les pratiques artistiques que vous souhaitez mettre de l’avant. Nous vous informerons rapidement si votre proposition est retenue en présélection. Votre texte version complète ne devrait pas dépasser les 2000 mots (notes incluses) et il sera soumis au comité de rédaction. S’il est accepté, un cachet de 65 $ par feuillet (250 mots) vous sera remis dès sa publication. La date de tombée pour le texte, version finale, est le 11 octobre 2019.


1. Voir https://www.lemonde.fr/pixels/article/2015/07/09/on-a-teste-pour-vous-deep-dream-la-machine-a-reves-psychedeliques-de-google_4675562_4408996.html
2. Voir https://www.wired.com/story/self-driving-cars-uber-crash-false-positive-negative/?fbclid=IwAR0GisyAyF522W-OW5MOTUoe2V1hOoeRoXHvQlTKa2zktQRy8ueg9b48dvU
3. Walter Benjamin, 1935.
4. Voir Jean-Philippe Domecq, Artistes sans art ?, Paris, Éd. Esprit, 1994.