Ouvrages reçus

Michael A Robinson. Equal to my own equation. Éd. Plein sud, Longueuil, 2013, 118 p. Ill. couleurs et n/b.

Cette monographie sur l’oeuvre de l’artiste Michael A. Robinson a d’abord pour prétexte une exposition qui eut lieu à la Galerie Plein sud, en novembre et décembre 2012. Mais l’ouvrage ne s’en tient pas à l’exposition The last of the last of the last. Abondamment illustré de reproductions d’oeuvres présentées lors d’expositions qui se sont déroulées depuis la fin des années 1990, le livre propose en français et en anglais une lecture d’ensemble de son oeuvre. Les textes des auteurs Marcel Blouin et André-Louis Paré, bien que différents, survolent la pratique de cet artiste qui, depuis près de vingt ans, s’associe principalement au domaine de la sculpture. Blouin s’intéresse surtout à la démarche de l’artiste et analyse dès lors l’origine de l’inspiration créatrice. Le texte de Paré, quant à lui, situe le travail de création de Robinson dans une perspective librement inspirée de la méthode « déconstructive » de Jacques Derrida. Dans les deux cas cependant, l’oeuvre de Robinson est interrogée en provenance du geste artistique qui revient sans cesse sur ce qu’il en est de l’art et de la figure de l’artiste dans le contexte du capitalisme culturel.

Michel de Broin. Catalogue d’exposition, Éd. Musée d’art contemporain de Montréal, Montréal, 2013, 160 p. Ill. couleurs et n/b.

Une exposition d’envergure présentait du 24 mai au 2 septembre 2013 plusieurs des oeuvres de l’artiste Michel de Broin. Cet ouvrage, paru à cette occasion, nous en livre un bel aperçu. Le commissaire Mark Lanctôt s’entretient avec l’artiste sur sa démarche qui a pour origine la présentation d’oeuvres qui remontent à plus de vingt ans, notamment à la Galerie Yves Leroux. Il y est question de nombreuses oeuvres produites par l’artiste, telle L’opacité du corps dans la transparence du circuit, Embase-moi, L’Éclaireur éclairé, La maîtresse de la Tour Eiffel, etc. Cet entretien permet ainsi d’aborder avec l’artiste ses interrogations quant aux diverses stratégies créatrices mises en place lors de ses projets. On peut lire également un essai de Daniel Sherer à propos de l’inconscient technologique dans l’oeuvre de l’artiste. Son analyse inscrit le travail de l’artiste dans une problématique où les objets usuels trouvent un nouvel emploi au sein d’un système technologique en diapason avec l’économie capitaliste. Le renversement ou le détournement de ces objets sont ainsi analysés sous l’angle d’une logique paradoxale que l’auteur présente de manière à mieux faire comprendre ce qui est en jeu dans l’univers artistique de de Broin. Une biobibliographie complète ce beau catalogue dans lequel, comme il se doit, on trouve de nombreuses reproductions des oeuvres de l’artiste.

Sonia PELLETIER (sous la direction de), (La société de conservation du présent) (1985-1994). Éd. Agence Topo, Montréal, 264 p. Ill. couleurs et n/b. http://www.agencetopo.qc.ca/wp/la-societe-de-conservationdu-present/

Cet ouvrage sur (La société de conservation du présent) est bienvenu. Il nous rappelle le travail artistique très particulier d’un collectif québécois formé d’Alain Bergeron, Philippe Côté et Jean Dubé dont le travail s’est développé entre 1985 et 1994 dans un milieu de l’art en marge des institutions officielles. Ce collectif très inspiré par l’oeuvre de Marcel Duchamp avait comme manifeste trois principes : 1. Le principe d’archive ; 2. L’art de la promesse ; et 3. Le désoeuvrement. En collaboration avec Michel Lefebvre et Bernard Schütze, Sonia Pelletier a réuni plusieurs collaborateurs théoriciens, critiques d’art et philosophes, artistes et historiens de l’art à présenter un aspect de la pratique de ce groupe peu banal. Parmi eux, Denis Lessard, André-Louis Paré et Michaël Lachance ont été invités à proposer une interprétation d’un des trois principes du Manifeste. Bernard Schütze signe, quant à lui, un texte qui rapporte l’essentiel d’une rencontre avec Philippe Côté (1957-2011), « celui qui fut le fer de lance conceptuel du groupe  » et à qui cet ouvrage est dédié. De toute évidence, ce livre, essentiel pour qui veut lever le voile sur une action artistique minoritaire dans le monde de l’art contemporain au Québec, témoigne avec brio «d’une nouvelle dynamique intellectuelle, artistique et sociale » et ce, à une époque où les nouveaux médias, les réseaux électroniques et la programmation informatique en étaient à leur balbutiement. Complété d’une chronologie des diverses interventions du groupe et d’une biobibliographie, ce livre, également illustré de photographies, de document d’archives, de pictogrammes, de facsimilés de toutes sortes, s’avère un précieux ouvrage afin de conserver la mémoire d’un mouvement qui a agi de façon novatrice au sein du milieu de l’art des années 1980 et 1990.

Anne Beauchemin, L’art en PENSÉES et en ACTES. Le Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, Les Éditions GID, Québec 2013, 139 p. Leseditionsgid.com

Abondamment illustré de magnifiques photographies, cet ouvrage est le premier livre à être publié sur le symposium de Baie-Saint-Paul dont on a souligné le trentième anniversaire en 2012. Docteure en histoire de l’art moderne européen, l’auteure jette un regard sur le travail de sept artistes ayant participé au Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul en 2011, dont la thématique, Les conteurs, « visait à mettre en lumière l’usage de la narration ». Anne Beauchemin « met en valeur la diversité de la pratique artistique actuelle, la dynamique de la recherche en arts visuels ainsi que la richesse de l’expérience qu’offre le Symposium à tout visiteur intéressé à connaître l’art du présent. »

Bernard Landriault, Entre avoir et être. Deux collectionneurs s’exposent, Les éditions dupassage et Expression, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe, Montréal 2013, 219 p. www.editionsdupassage.com ; www.expression.qc.ca

L’ouvrage a été produit dans le cadre de l’exposition Démarche 2 : Exposant deux qui, commissariée par Johanne Lamoureux, sera présentée à Expression en février 2014. Il revient sur la collection Landriault-Paradis (Bernard Landriault et Michel Paradis) axée principalement sur l’art contemporain québécois et les artistes du XXIe siècle : « Tenant à la fois du journal intime et du livre d’art, [la publication] est une invitation à aller à la rencontre d’oeuvres avec le regard sensible du collectionneur. ». Cette collection regroupe deux cents oeuvres de différents médiums réalisées par des artistes comme Raymonde April, Pierre Dorion, Aude Moreau, Yann Pocreau, Francine Savard, Robert Savoie et Jocelyne Alloucherie. « Les mots, écrit l’auteur, paraissent souvent réducteurs lorsqu’il s’agit d’exprimer une passion, mais ils permettent néanmoins de partager le paysage que nous habitons, de le repenser et de constater à quel point de simple passe-temps les oeuvres d’art se sont posées au coeur de la maison et de nos vies. »

Richard Purdy, Redux, Les industries perdues, Richard Purdy 2013. 53 p. http://www.bellemarelambert.com/fr

La publication bilingue accompagnait l’exposition Redux tenue à la Galerie Roger Bellemare et Galerie Christian Lambert, du 21 septembre au 2 novembre dernier. Richard Purdy y « revoit », notamment par la photo – graphie «retouchée», des sites et des lieux peints jadis par des artistes comme Cornelius Krieghoff, Henry Sanham et William Raphael : « Les Redux, précise-t-il, ne sont pas importantes en soi, mais dans leur manière de raviver et de révéler les tableaux originaux. Elles remettenten valeur des oeuvres d’art que, par familiarité, nous tenons finalement pour acquises. »

Thérèse Chabot. Majestueuse fragilité, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe, Montréal 2013, 88 p. www.expression.qc.ca

Abondamment illustrée, cette monographie bilingue, qui couvre trente-cinq années de carrière de l’artiste, a été réalisée dans le cadre de l’exposition La fragilité du toujours, présente à Expression en 2011. Dans son texte intitulé Des milliards de pétales. Les installations de Thérèse Chabot, Denis Lessard écrit : « Dans son oeuvre, Chabot parle d’une beauté qui se désagrège, d’un processus déjà contenu dans la vie et la mort des végétaux qui constituent la matière première de ses oeuvres. […] L’artiste parvient à dépasser la matière pour créer des espaces de beauté, paradoxalement, avec des végétaux morts, des sortes de reliques qui prolongent encore une fois l’esprit du cabinet de curiosités. »

Georges Dyens. Paysages cosmiques et fantasmagoriques, Ville de Repentigny et Éditions Point du jour 2013, 35 p. www.ville.repentigny.qc.ca

La publication accompagnait l’exposition tenue au Centre d’exposition de Repentigny l’été dernier et commissariée par Florence Dyens, la fille de l’artiste. Une exposition couvrant quatre périodes principales : l’après-guerre, vers le néant, les hologrammes et les installations immersives. Un parcours où « l’humain, écrit Louise Poissant, y occupe une place centrale, mais il est dans un monde sans lendemain, ravagé : un monde où il n’a plus sa place. On comprend d’ailleurs pourquoi Georges, en authentique pionnier, s’est accroché à l’holographie, il y trouvait la lumière et le principe de vie qui seul peut permettre de reconstruire et de continuer.