Jeff Thomas. Droits de cité
En décembre 2012, Jessica Gordon, Sylvia McAdam, Sheelah McLean et Nina Wilson lancent le mouvement Idle No More à Saskatoon dans l’objectif de contester la loi C-45 proposée par le gouvernement Harper. Cette loi omnibus, que la suite des événements rendra célèbre, implique des clauses mettant non seulement en danger certains acquis importants des traités signés entre le Canada et les Premières Nations, mais également la préservation de zones écologiques protégées. Un des impacts les plus importants du mouvement Idle No More est d’avoir donné un nouvel élan aux revendications autochtones à travers tout le pays, notamment au Québec 1, où la question de la réforme du programme d’enseignement de l’histoire au secondaire est devenue un enjeu politique. Plus concrètement, en 2013, la Fédération des femmes autochtones du Québec a relancé l’appel afin de donner une place plus importante à l’histoire des Premières Nations dans les cours d’histoire 2. La charge eurocentriste du contenu du programme d’histoire au secondaire est en effet assez surprenante lorsqu’on considère les grands « oublis » qui la ponctuent, comme l’inscription forcée des enfants autochtones dans les pensionnats pendant plusieurs générations ou les différentes stratégies coloniales de répression territoriale. La perception des Premières Nations se trouve directement affectée par ces lacunes historiques. Autrement dit, la narration historique, dont la forme linéaire et chronologique généralement préconisée est elle-même un sujet de réflexion à part entière, est un puissant outil socioculturel et politique, dont les contours peuvent marquer la perception que nous avons d’un phénomène ou
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