L’équilibre des vrilles
5 mars –
11 avril 2026
Dans le texte qu’elle signe pour cette exposition, la commissaire Julia Caron-Guillemette cite l’écrivain sénégalais Felwine Sarr : « [C]onstruire une société du vivant est le défi de notre époque 1». Au fil de cet essai politique, l’auteur plaide pour la nécessité de repenser nos façons d’habiter le monde et d’entretenir nos relations avec autrui, qu’il soit vivant ou non vivant. Dans L’équilibre des vrilles, projet présenté dans le cadre de la troisième itération de la biennale Post-Invisibles, Caron-Guillemette se prête à cet exercice par l’entremise des œuvres de cinq artistes visuelles du Québec et de la figure de la vesce jargeau.
De son nom latin Vicia cracca, issu du verbe vincio signifiant « je m’attache », la vesce jargeau est une vivace grimpante naturalisée d’Europe. Plante mal-aimée des jardinier·ière·s, elle est souvent qualifiée d’envahissante ou d’indésirable. De fait, ses vrilles (ou cirrhes) s’entortillent autour des plantes avoisinantes qui, à leur tour, s’étiolent par manque de soleil. Pourtant, la vesce n’est pas que nuisible : riche en azote et donc excellente pour l’enrichissement des sols, elle s’avère aussi comestible et prisée par les espèces pollinisatrices. « Il s’agit de trouver l’équilibre [d]es un·e·s avec les autres, de veiller à la réciprocité », affirme la commissaire.
Ce désir de cohabitation harmonieuse et de relations de proximité, on le retrouve dans l’absence de socle au sein de l’exposition. Celle-ci privilégie plutôt le contact direct avec le
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