Éric Van Essche (dir.), Aborder les bordures
2014, 299 p. Fra.
Dans le domaine de l’art contemporain, la notion de frontière ne se limite pas uniquement à des considérations géopolitiques. Elle ne se réduit pas au problème de la migration devenue cruciale pour ceux et celles qui doivent, pour diverses raisons, envisager l’exil. Même si, dans son introduction, Éric Van Essche en fait mention, l’ensemble des textes réunis dans ce volume ne s’y réfère jamais. En effet, cet ouvrage, qui rassemble l’essentiel d’un colloque tenu à Bruxelles en avril 2010, propose surtout des contributions provenant de différentes disciplines (esthétique, histoire de l’art, philosophie, sociologie, etc.) et dont l’intérêt porte essentiellement sur les déplacements de frontières disciplinaires et les diverses problématiques qui peuvent surgir du moment où l’art contemporain se dit sans frontières1.
Sans doute, l’art contemporain, mais déjà les avant-gardes, questionne les limites imposées par les diverses disciplines reconnues par le système des beaux-arts. Certains artistes du mouvement Fluxus ont même souhaité éliminer la frontière « au nom d’un art et d’une vie confondus ». Mais cette volonté de fusionner l’art à d’autres domaines de la vie en société tend à élargir le territoire de l’art et, du coup, à rendre difficile sa reconnaissance pour le spectateur. Dans ces situations limitrophes, l’artiste est comme un transfuge se permettant de circuler entre différentes pratiques et disciplines (Denis Briand). Certains auteurs vont en témoigner en prenant pour exemple le documentaire lorsque celui-ci questionne la frontière entre réel et fiction (Aline Caillet et Anthony Fiant) ou le théâtre qui intervient dans le champ de
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