Étienne Tremblay-Tardif

Cady Noland Polaroids 1986-2024

New York. Éd. Gagosian, 2025,
118 p. Ill. couleur. Eng.


À l’occasion d’une deuxième exposition individuelle chez Gagosian, la galerie fait paraître un catalogue de Cady Noland quelque peu inusité. L’ouvrage laconique présente quatre-vingt-treize reproductions de polaroïds agrandis. Les éclairages souvent crus, au flash ou au néon, exposent des œuvres en devenir. Outre le colophon qui nous apprend que l’objet est distribué chez Rizzoli et édité conjointement par Noland et T De Long, la publication fait l’économie d’explications, hormis du titre et des inscriptions au bas des facsimilés photographiques : CARTFUL OF ACTION, PUSH PAPER, Shuttle 1989, SHARD#2, doesn’t exist, # 18 (CROZ), etc. Ces instantanés suggèrent des instructions de montage, des notes personnelles ou des liens à faire entre les signifiants du langage et les matériaux mis en jeu : des menottes aux poubelles cabossées en passant par les photos d’identité judiciaire, les marchettes et les garde-corps. L’œuvre photographique, parallèle à la production de la sculpteure, apparaît comme un portfolio déconstruit ou une page Instagram avant la lettre. L’effet d’accumulation des objets qui semblent ne pas avoir été scrupuleusement choisis et disposés, la juxtaposition constante du banal et de l’inattendu, c’est cela qui définira la contribution de l’artiste à l’émergence de nouveaux paramètres dans les pratiques sculpturales à partir des années 90. Noland déploie ici une esthétique vintage milésimée 1980 – action heroes, hard rock, et


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