Anithe de Carvalho, Art rebelle et contre-culture. Création collective underground au Québec
2015, 229 p. Fra.
Historienne de l’art, critique d’art et enseignante, Anithe de Carvalho a signé en 2009 l’essai Maurice Demers. Œuvre d’art total (Lux Éditeur) dans lequel il est question des actions environnementales menées par l’artiste Maurice Demers (1936-2013), associées à un art subversif en marge des institutions officielles du monde de l’art. Dans ce récent ouvrage, de Carvalho modifie son approche relativement à une conception de l’art entendue comme « néo avant-gardisme artistique politisé ». À l’instar du philosophe Rainer Rochlitz et de la sociologue Nathalie Heinich, auteurs respectivement de Subvention et subversion (Gallimard, 1994) et Le triple jeu de l’art contemporain (Minuit, 1998), de Carvalho juge désormais de façon critique le développement de l’art rebelle qui a émergé au cours des années 1960 et 1970. Son essai veut démythifier les pratiques artistiques « underground ». Non pas pour leur enlever toute crédibilité sur le plan social et artistique, mais pour nous convaincre que leur désir de transformer la société sur le plan politique a échoué.
Tout au long de son essai, de Carvalho analyse cet art rebelle à l’aune de deux paradigmes culturels : la démocratisation de la culture et la démocratie culturelle. Alors que la démocratisation de la culture, mise en place à partir des années 1950, participe du projet moderne d’émancipation du peuple, grâce à une meilleure accessibilité à la culture d’élite ; la démocratie culturelle, des années 1960, est animée par le désir d’élargir l’idée de l’art à divers milieux populaires. Dans ce contexte, les artistes, devenus animateurs culturels, souhaitent offrir à un nouveau public les moyens de collaborer à la production d’événements artistiques, tels Vive la rue Saint-Denis du groupe Fusions des arts inc., Québec Scenic Tour du groupe Fabulous Rockets et Appelez-moi Ahuntsic de Maurice Demers. Cette
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