Camille Lescarbeau, Soin spéculatif
2 avril –
23 mai 2026
Sur des gradins, le long d’un mur aveugle, se profilent des pièces de papier, baignées de lumière naturelle, oscillant entre dentelles et sculptures protéiformes de petit format, l’installation évoquant un cabinet de curiosités. La mise en ordre et en valeur de cette famille de spécimens aux configurations organiques s’effectue par cette exposition sur socles qui se révèlent des moulages de papier de boites de carton récupérées. Elles se constituent du même matériau que les œuvres exposées, ce qui rend le présentoir davantage qu’une composante de mobilier, un sujet à part entière créant l’osmose. Ce studioli allie ici l’Artificiala (objets fabriqués par l’artiste) et le Naturalia (fibres d’origine végétale).
Le travail et la matière de base (la pâte à papier) au cœur de ces spécimens mettent en évidence le but poursuivi par l’artiste, rappelé par la commissaire Jézabel Plamondon : « ralentir la disparition, prendre soin, protéger nos ressources en utilisant des rebuts ». Les œuvres tridimensionnelles proposent des moulages de déchets aux formes variées dont la petitesse amplifie le caractère précieux ; les bidimensionnelles apparaissent telles des feuilles de papier plus ou moins épaisses, texturées, se gonflant par endroits, se creusant, ondulant, évoquant profils et reliefs. Chaque pièce émerge d’un orifice central de sa boite comme si elle y prenait racine, germait, se développait ; toutes œuvres jouant dans diverses nuances de couleur sable, de la plus claire à la plus dense dans un camaïeu des plus subtils.
L’artiste obtient ses formes par action de pressage du papier mouillé ou par modelage d’amas de pâte avant
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