Anouk Verviers, Construire, déconstruire et reconstruire des colonnes de torchis aussi hautes que nos corps
28 février –
5 avril 2026
Dans le cadre de la 12e Manif d’art – La biennale de Québec, ayant pour thème l’hivernité et les enjeux esthétiques et politiques en découlant, nous accédions aux plus récents résultats de recherche d’Anouk Verviers au sujet de l’épuisement des corps féminins et non binaires. D’entrée de jeu, l’œuvre vidéo Des mains cybernétiques qui jouent dans la boue (2023), accueillant les visiteur·euse·s à l’entrée de la galerie, donne le ton : sous forme de narration, la voix robotisée de l’artiste partage ses réflexions sur l’historicité de l’oppression liée au genre et les maux intergénérationnels générés par l’endométriose. La vidéo révèle en arrière-plan une image médicale illustrant un ovaire atteint des lésions de cette affection inflammatoire qui, au-delà de l’œuvre même, fait office de motif central dans l’exposition conceptuellement comme littéralement.
Bien que les communautés médicale et scientifique se penchent désormais plus sérieusement sur l’endométriose, cette maladie demeure largement invisibilisée et les individus affectés par ses nombreuses afflictions, incluant des douleurs vives chroniques, discréditées. Touchée par cette réalité, Verviers nous offre un aperçu de ce phénomène d’invalidation en reproduisant un dialogue avec une seconde voix robotisée, cette fois masculine et autoritaire. « Qu’est-ce que vous voulez ? Vous voulez que les lésions reviennent ? », dit celle-ci avec une intention que l’on devine méprisante, lorsque la première soulève des questionnements autour d’un traitement prescrit. L’opuscule accompagnant l’exposition nous apprend qu’il s’agit du souvenir d’une réelle conversation s’étant déroulée entre l’artiste et un gynécologue en
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